Plusieurs étudiant·es me posent la question chaque année : est-ce que l’infirmière auxiliaire peut faire l’évaluation d’un patient avant que l’infirmière l’évalue? Avant d’y répondre, il faut connaitre le rôle de chacun.
Selon l’Office des professions, plusieurs professionnels peuvent évaluer un nouveau patient qui arrive à l’hôpital. Cette activité n’est pas exclusive à l’infirmière : le médecin, l’ergothérapeute, la nutritionniste et l’inhalothérapeute le peuvent aussi.
- L’activité réservée autorisée à l’infirmière auxiliaire est de contribuer à l’évaluation. Elle recueille de l’information et évalue si tout est normal ; sinon, elle en fait part à l’infirmière.
- L’une des activités réservées de l’infirmière est d’évaluer la condition physique et mentale d’une personne symptomatique. Elle établit un constat d’évaluation ou une hypothèse de problème, et en fait part au médecin au besoin.
Un cas concret
M. B. arrive sur un département de médecine pour un problème respiratoire ; son diagnostic est une pneumonie. À son arrivée, l’infirmière auxiliaire peut prendre ses signes vitaux et aviser l’infirmière si un paramètre sort des normalités. Elle peut aussi faire l’auscultation pulmonaire (oui, l’infirmière auxiliaire peut ausculter) pour détecter des bruits anormaux.
La collecte de données est un formulaire qui peut être rempli par une autre personne que l’infirmière. Ce sont les informations qu’il contient que l’infirmière évalue, pour l’aider à émettre ses constats. Je ne parle pas ici d’un patient instable, mais d’un patient admis sur une unité de médecine.
Le lendemain, Maryse, la PAB, aide M. B. à faire sa toilette et voit une rougeur sous son pied droit : la PAB est la mieux placée pour observer les téguments. Elle en fait part à Béatrice, l’infirmière, qui demande à Joannie, l’infirmière auxiliaire, d’aller voir la plaie et de compléter la feuille d’évaluation de la plaie. Béatrice complète ensuite son évaluation, détermine le pansement et inscrit le suivi au PTI.
Et la responsabilité?
Certaines infirmières diront qu’elles doivent contrôler les informations pour être certaines qu’elles sont bonnes. Le code de déontologie de l’infirmière auxiliaire, comme celui de l’infirmière, est très clair : chacune est responsable de ses propres activités. C’est le même principe que lorsque vous téléphonez au médecin : il ne va pas reprendre la pression artérielle, il se fie à votre évaluation. Nous devrions avoir le même comportement envers les infirmières auxiliaires qui travaillent avec nous.
Le travail d’équipe et la confiance sont deux éléments essentiels pour maximiser les compétences de chacun. L’infirmière est le pivot de l’équipe et doit travailler en collaboration avec son équipe de soins.
Sylvie Rochon, infirmière et enseignante
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